1. EN CHINE – LE CERCLE FAMILIAL
Yan Dehui, connu en France sous le nom de Yen Te-Fai, est né le 15 juillet 1908 dans le district de Yongjia, au Zhejiang, province du sud de la Chine - aujourd'hui Lu Cheng Ward à Wenzhou. Ayant grandi dans un foyer d'érudits, Yan a été profondément influencé par son père, Yan Shaoyao, fin connaisseur de la littérature chinoise traditionnelle, habile calligraphe et poète. Yan Shaoyao a inculqué à son fils non seulement l'amour des arts, mais aussi des valeurs d'honnêteté et une position ferme contre …
2. ÉTUDES ET ENSEIGNEMENT EN CHINE – 1920 À 1935
Consciente son potentiel créatif, la mère de Yan Dehui l'a encouragé à suivre un apprentissage auprès de Zhu Zichang, un maître sculpteur sur bois de l'école de Wenzhou. À 13 ans, tout en poursuivant son cursus scolaire, Yan commence à travailler le buis, un matériau apprécié pour sa souplesse et son grain fin. Sous la direction de Zhu, il ne lui faut que cinq ans pour maîtriser l’art de la taille directe, produisant des œuvres représentant des figures religieuses et profanes. Puis il enrichit sa formation initiale à l'Académie des beaux-arts de Shanghai, où il adopte de nouvelles techniques et
3. EN CHINE, UNE CARRIÈRE SE DESSINE
Au début de sa carrière, l'œuvre de Yan Dehui présente une remarquable diversité de matériaux et de styles. En parallèle de ses études, il réalise quelques portraits, continue à sculpter le bois et se fait connaître du Ministère de l'Education qui, ayant remarqué son travail, l’invite à participer à une importante Exposition Nationale d'Art à Shanghai. Les figurines religieuses de l'Immortel Nanji et du Bouddha Maitreya qu’il présente sont particulièrement remarquées. Durant cette époque, Yan assiste son professeur, Jiang Xiaojian dans la création d'une statue équestre en bronze et reçoit une commande publique importante…
4. LE VOYAGE VERS L’OUEST
À un moment charnière de l'histoire, le parcours artistique de Yan Dehui rejoint la tentative de modernisation de la Chine. Reconnaissant que le progrès technique était essentiel pour surmonter les défis économiques, le ministre de l'éducation Cai Yuanpei a lancé le « Mouvement Travail-Etudes" dans les années 1920. Ce programme a permis à près de 2 000 étudiants chinois de se former en France. Le secteur culturel faisait également partie de cette initiative, de nombreux artistes étant encouragés à étudier l'art occidental pour aider la Chine à entrer dans l'ère moderne. C’est Paris qui, en tant que phare culturel mondial,
5. LA VIE À PARIS
L'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) à Paris était l'épicentre de l'enseignement artistique occidental, attirant plus d'une centaine d'artistes chinois entre les années 1920 et le début des années 1950. Yan Dehui, recommandé par Liu Haisu, directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Shanghai (SAFA), intègre l'ENSBA le 21 avril 1938 et étudie sous la tutelle d'Henri Bouchard, sculpteur de renom connu pour ses œuvres monumentales. Il y retrouve plusieurs amis artistes dont le sculpteur Hua Tianyou. Tous deux sont récompensés tout au long de leur parcours à l'ENSBA et fréquentent également l'Académie de la Grande Chaumière…
6. LA COMMUNAUTÉ ARTISTIQUE EN FRANCE
L'ENSBA était un creuset pour les artistes chinois du début du XXe siècle. Parmi eux, Yan Dehui, Hua Tianyou, Pan Yuliang, Zhou Lin et Xiong Bingming ont constitué une part importante de la communauté artistique chinoise à Paris. Ils ont été rejoints par d'autres personnalités telles que Li Huinian, Li Xian Ming, Huang Zhiping, Zhang Ziyi, Liu Shenshan, Fang Yong, Li Fengbai, Liao Xinxue et Ma Xiaojun. Ces artistes se rencontraient fréquemment pour éviter l'isolement en terre étrangère, formant ainsi un solide réseau de soutien et d'échanges culturels au sein de L'Association des Artistes Chinois en France…
7. EXPOSITIONS – 1938 À 1950
L'un des principaux moyens pour les artistes chinois de Paris de se faire connaître était de participer à des expositions prestigieuses. Yan Dehui a présenté ses œuvres dans de nombreux lieux importants, à commencer par le Salon des Artistes Français en 1938 au Grand Palais. Son engagement se poursuit dans les années 1940 et 1950 avec des expositions à la SNBA (Société Nationale des Beaux-Arts), au Musée Cernuschi, au Salon des Indépendants…
8. FAMILLE EN FRANCE
Si le désir de perfectionner son art avait conduit Yan Dehui à quitter la Chine en 1938, sa rencontre avec Louise Lenoir en 1949 va changer le cours de sa vie. Choisissant de s'installer en France, il a fondé une famille et s'est intégré dans une nouvelle culture et un nouvel environnement. Louise devient Louise Yen-Lenoir après leur mariage en 1953 et reçoit la Légion d'honneur dans la cour d’Honneur des Invalides en 1979 en récompense de sa bravoure dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle a passé un an…
9. MONTARGIS, LES DERNIÈRES EXPOSITIONS À PARIS ET LE RETOUR EN CHINE
A la fin des années 1960, Yan Dehui expose à Montargis, ville dont l'histoire est riche de la présence d’étudiants chinois. Il s'y lie d'amitié avec Georges Thouvenot, artiste local reconnu. Les expositions de Yan à Montargis lui valent un grand prix pour son autoportrait en marbre en 1967. De retour à Paris en 1970, Yan travaille dans la communauté chinoise et continue à sculpter. Il expose au Salon des Artistes Français et remporte une médaille de bronze en 1971. En 1977, après 40 ans d’absence, Yan retourne en Chine …